La lutte contre la corruption est au centre des revendications du mouvement de contestation. Telle est l’affirmation que nous avions tant de fois répétée. Elle était l’expression d’une réalité vécue en 2011, en même temps que l’expression d’une aspiration ;
celle de voir, enfin, les pouvoirs publics engager une lutte véritable et crédible contre la corruption.
L’année 2011 était porteuse d’espoir. Deux ans plus tard le désenchantement est d’autant plus grand que les attentes avaient été nourries et suralimentées par un discours politique porté par l’Etat et par les partis politiques en compétition.
En 2013, le recul est consacré. La double censure à l’encontre de l’association en est un exemple. Celle qui a frappé la campagne contre l’impunité lancée par l’association en décembre dernier, met à nu la vacuité et l’opportunisme d’un discours contre la corruption totalement discrédité.
S’opposer à un slogan qui réclame la fin de l’impunité est révélateur d’une ligne politique de l’Etat qui n’a guère changé : réformes à petites doses, poursuites et sanctions à minima, protection de la rente et contrôle du temps judiciaire et politique. Le tout sur un fonds rhétorique qui accentue le décalage entre le discours et le vécu et qui alimente les polémiques d’une classe politique en déperdition.
Les grandes réformes promises par la constitution tardent, de nombreux procès, instructions et autres procédures judicaires s’enlisent et aucune mesure concrète contre la corruption n’est annoncée.
Résultat de cette politique, le Maroc recule dans l’indice de perception de corruption et dans d’autres indicateurs dont celui de l’attractivité aux investissements étrangers.
Dans ce dernier classement, la corruption et l’inefficience de la bureaucratie sont identifiées comme causes principales de cette contre-performance. C’est dire le coût de la corruption que notre économie ne peut supporter.
La société civile a maintenu sa dynamique qui nourrit son combat pour la démocratie.
Sa mobilisation contre l’amnistie du pédophile, pour la libération de Ali Anouzla et
son soutien aux deux fonctionnaires du ministère des finances dans l’affaire des primes ont marqué l’année 2013.
Transparency Maroc maintient le cap dans le domaine de la lutte contre la corruption :
œuvrer pour l’édification d’un système national d’intégrité. Elle a poursuivi, tout au
long de cette année, son activité de plaidoyer, de mobilisation, et de soutien aux victimes et dénonciateurs de la corruption. Le conseil national élu, il y a deux ans, était chargé de mettre en œuvre le plan stratégique validé par l’assemblée générale du 21 janvier 2012. Même s’il n’a pas été décliné, de manière formelle, en plan d’actions spécifiques, le plan stratégique a constitué la référence de toutes nos actions, structurées autour des projets suivants :
• Centre d’assistance juridique CAJAC
• Observatoire de la corruption et de la transparence
• Mobilisation citoyenne pour des réformes
• Accès à l’information
• Mobilisation des jeunes
• Paroles urgentes
• Gouvernance locale
• Système national d’intégrité
8 Bénéficiant de l’appui de Transparency International, l’association dispose désormais d’une structure permanente plus étoffée, dotée d’un organigramme et de procédures de fonctionnement. Elle demeure toutefois fragilisée par des financements à courtterme qui rendent incertaine sa pérennité. C’est aussi le cas des projets structurants parmi lesquels le centre d’assistance juridique CAJAC, dont le financement arrive à terme début 2014. Son maintien est prioritaire.
Dans deux ans, l’association fêtera ses vingt ans d’existence. Anniversaire symbolique et occasion pour une évaluation nécessaire : inventaire des actions et, surtout, bilan des résultats. Le long parcours d’une association née dans l’adversité et qui a traversé des moments d’enthousiasme ponctués de questionnements.

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