La période qui s’écoule entre la 21ème assemblée générale de TM tenue en février 2017 et la présente assemblée a été décevante pour la gouvernance publique. Les indicateurs internationaux concourent à confirmer l’ampleur de la corruption systémique et endémique qui ronge le pays. La dégradation du classement du Maroc dans de nombreux marqueurs de la corruption et de la transparence, ainsi que l’analyse des indicateurs de développement humain, en particulier en matière d’éducation, de santé et de justice confirment clairement le déficit de gouvernance publique.

Le chantier de la stratégie nationale de lutte contre la corruption en cours depuis plus de trois ans, n’est pas encore engagé en tant que stratégie et son cadre de gouvernance n’est toujours pas mis en place. Le climat social demeure marqué par les mouvements sociaux massifs et pacifiques qui revendiquent la justice sociale.

Même si leur bien-fondé trouve dans les rapports de la Cour des comptes et le limogeage de hauts responsables par le Roi une confirmation solennelle, c’est la voie de la répression qui prévaut actuellement, mettant à rude épreuve les promesses de la constitution et de la réforme de la justice.
Sur le plan politique, l’année a été marquée par une compétition électorale globalement ouverte. Mais ni les media publics ni les agents de l’Etat impliqués dans l’organisation du processus électoral ne s’en sont tenus à la neutralité attendue d’eux. Par ailleurs, l’installation des chambres du parlement et du nouveau gouvernement a donné l’image d’une déliquescence de la classe politique et d’un profond mépris de la parole des urnes.

Dans ce contexte, ce n’est pas seulement le processus des réformes qui est entravé par l’indécision administrative et l’absence de pilotage politique, mais c’est toute la marche de l’Etat qui s’en trouve ralentie. Les instances administratives de gouvernance demeurent inactivées, la stratégie de lutte contre la corruption suspendue, les projets de textes législatifs et réglementaires en instance de décision finale. De son côté, le temps de la justice associé au pouvoir d’inertie du parquet contribuent à entretenir l’impunité et la banalisation de l’abus de la chose publique.

Au mieux, en ce qui concerne les pouvoirs publics, c’est une année blanche pour la lutte contre la corruption et le progrès de gouvernance publique. Le travail de la société civile et de notre association en son sein s’en trouvent compliqués davantage. Le climat de défiance politique et les atteintes répétées aux libertés publiques ne facilitent pas la mobilisation citoyenne et empêchent la constitution de coalitions durables pour relever les défis que la corruption lance à l’avenir du pays.

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